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La saison 2002-2003 marque un tournant dans la volonté de soutien aux jeunes compagnies et d’ouverture au théâtre international : la saison du Monfort commence à l’automne avec Mangeront-ils ?, fable philosophico-politique de Victor Hugo, dont le jeune metteur en scène Julien Téphany propose une version africaine interprétée par les acteurs de la troupe nationale du Mali. Le texte y prend une dimension tout à la fois populaire, universelle et poétique, et le parti pris sert à merveille les injonctions de rencontre des cultures et de décloisonnement social que lance la pièce. Le Monfort s’associe ainsi à la manifestation de célébration du bicentenaire de la naissance de l’auteur des “Misérables”.

A l’occasion de la première Nuit Blanche organisée par la Ville de Paris, le 5 octobre 2002, une fête africaine musicale et dansante invite au théâtre tous les parisiens curieux, inscrivant ainsi l’expérience d’accueil de cette troupe malienne dans la vie parisienne !

La saison se poursuit avec une immersion dans le nouveau théâtre Russe, dans le cadre de l’opération Moscou sur scène, organisée par la Mairie de Paris avec le soutien de l’AFAA et du Conseil Régional d’Ile-de-France. Le Monfort s’associe pour cet événement au Théâtre de la Cité Internationale, au Théâtre Paris-Villette et à la Maison de la Poésie – Théâtre Molière, comme pour l’opération Londres sur scène en 2000. Deux compagnies moscovites se succèdent en décembre, avec La sensation de la barbe, de Ksénia Dragounskaia, mise en scène Olga Soubbotina, et La pâte à modeler, de Vassili Sigariov, mise en scène Cyril Serebrennikov. Des spectacles “coups de projecteurs” sur des jeunes auteurs et metteurs en scène russes, qui nous font découvrir l’actualité de ce théâtre à travers deux propositions originales.

Plus une saison désormais sans que le Monfort ne fasse la part belle à la danse contemporaine, et ne permette de découvrir un nouveau chorégraphe ou d’heureuses tentatives. En cette saison 2002-2003, le festival Faits d’hiver danses d’auteurs prend place sur le grand plateau du théâtre, décidément très propice à cet art d’aujourd’hui. C’est au tour d’Emmanuel Grivet et Christiane Blaise de confronter début janvier notre large scène à leur univers étrange, moderne et séduisant.

Retour au classique avec un Avare d’exception, interprété par Jean-Michel Dupuis dans une mise en scène de Daniel Benoin (Production du Centre Dramatique National Nice-Côte d’Azur). Une scénographie impressionnante, une distribution au diapason, publics d’adultes et de scolaires se pressent pour rire de cet Harpagon que Molière a dépeint, à l’image de l’humaine condition, si ridicule et si tragique.

La troisième édition du festival Extension du domaine de la Note de La Muse en Circuit s’installe fin mars avec, entre autres, deux belles soirées : une avec l’Ensemble Ars Nova qui créera une pièce importante de Sylvain Kassap et Luciano Berio, et une avec la création de Song Books de John Cage où, pour la première fois au Monfort, public et musiciens se partagent l’espace du vaste plateau.

L’Arcal propose au printemps Opérette de Witold Gombrowicz. Christian Gagneron à la mise en scène, Bianca Li à la chorégraphie, Oscar Strasnoy à la composition musicale, portent sur la scène du Monfort cette œuvre parodique, la dernière du brillant dramaturge polonais, qui exprime à travers une forme guignolesque le pathétique destin de l’humanité.

Enfin, la jeunesse et l’enthousiasme de la troupe du Studio-Théâtre d’Asnières nous entraîne pour finir la saison dans La Cuisine d’un grand restaurant au moment du coup de feu de midi. La plume acérée d’Arnold Wesker confère de l’épique à cette armée de cuisiniers sous pression et de serveuses à la petite semaine. La distribution copieuse (près de trente comédiens !), sous la houlette de Jean-Louis Martin-Barbaz, alimente ce tourbillon chorégraphié avec une précision mécanique et fiévreuse à la fois. Une vraie curiosité dramatique, qui séduit un public nombreux.
La saison théâtrale se poursuit avec l’accueil comme chaque année du festival lycéen, qui offre l’expérience de la scène à de jeunes amateurs des collèges et lycées.

Enfin, à partir du 21 Juin, jour de la fête de la musique, le Monfort est à l’initiative d’une aventure étonnante : Micro-Climat. Un festival de chansons françaises, une grande fête de trois semaines, où plusieurs fois le spectacle sera dans le parc Georges Brassens, sous la halle aux chevaux, au milieu du marché aux livres anciens ou bien encore sur le parvis de la mairie du XVème, avec des musiciens de rue comme les “Grooms” ou le “Mécanophone”…
Sur la scène du Monfort, c’est Jean Guidoni qui a accepté d’être l’animateur et le programmateur de ce parcours original dans la chanson française d’aujourd’hui. En première partie de son tour de chant il accueillera durant ces trois semaines neuf chanteurs et groupes différents. Parmi eux, les Chamots, Mathieu Horla, Gaspard LaNuit, Zouzou Thomas, Laurent Viel ou Louis Ville, etc…
Le temps d’une soirée, entouré de Romain Didier, Gilbert Lafaille, Chansons plus bifluorées, Mouron, Jean-Pierre Cassel et Xavier Lacouture entre autres, Jean Guidoni fera revivre par ses chansons Francis Lemarque, dont le dernier tour de chant s’est déroulé au Monfort.
Tout se terminera comme cela a commencé, dans le parc Brassens aux accents de la fanfare Joe Bitume, qui animera un étonnant bal du 14 juillet.

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[…] La mise en scène de Julien Téphany, le jeu des comédiens africains, époustouflants, qui s’approprient avec force et naturel les alexandrins d’Hugo, leurs danses, la musique traditionnelle, les décors, les masques et les costumes couleur locale suggèrent que Mangeront-ils ? est une pièce éminemment africaine. […]”
Marianne
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Mangeront-ils ?/ Philippe Guérillot
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Moscou sur Scène,
La Pâte à modeler / DR.
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L’Avare […] Il y a une force, une vision dans ce travail. Mais l’essentiel est le choix du comédien qui joue le rôle-titre. Dans son vêtement noir et fatigué, sa collerette d’un autre âge, ses cheveux gris et pauvres, son long visage d’enfant perdu, son regard mouillé d’un désarroi profond, l’Harpagon de Jean-Michel Dupuis inquiète et bouleverse d’un même élan. Frêle et chétif, on dirait un vieux pantin, un homme intérieurement carbonisé. L’acteur donne une profondeur déchirante à ce père tyrannique, cet égoïste épouvantable, aveuglé par l’horrible passion qui le mine.” […]
Le Figaro
Jean-Michel Dupuis, L’Avare / Ph. Yves Guillermaud
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Faits d’Hiver, Danses d’auteurs / DR
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[…] La Cuisine d’Arnold Wesker : il s’agit bien d’un chef-d’œuvre, cette nouvelle version du Studio d’Asnières en apporte la preuve. Entouré de ses élèves, ou anciens élèves, Jean-Louis Martin-Barbaz réalise un spectacle impeccable. On est comme le bifteck sur la poêle : saisi.” […]

Paris Observateur
La Cuisine 2003 / Philippe Guérillot.
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