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L’année commence avec un Britannicus que
Régis Santon dépoussière sans état
d’âme : voici nos héros raciniens
Néron, Agrippine, Britannicus, Junie, dans une version
extrêmement moderne et dépouillée,
où la lutte pour le pouvoir devient aussi
concrète, tendue et haletante que dans un grand western.
Le théâtre s’associe
à la deuxième édition de “Nuit blanche” –
événement novateur à l’initiative de
la Mairie de Paris, en organisant avec La Muse en Circuit une manifestation originale : le panorama sonore
et en direct de tous les lieux de la Nuit Blanche ! Des
“voleurs de sons” sillonnent la ville et
ramènent témoignages et ambiances sonores,
traitées en direct par des compositeurs qui livrent
à chaud aux spectateurs leur composition. Durant les
intermèdes, grâce à une “banque de
sons”, le public participe lui aussi en créant une
fresque musicale vivante et joyeuse.
La troupe d’Opéra
Eclaté nous propose à l’automne quatre
opéras contemporains réunis en une manifestation
originale, “Paris
d’opéra” : Le condamné à mort, le grand poème classique de Jean
Genêt mis en musique par Philippe Capdenat, Le lac
d’argent, de Kurt Weill,
direction musicale Jean-François Verdier, Le tour
d’écrou de Benjamin
Britten, d’après la nouvelle d’Henry James,
et L’opéra de
quat’ sous, de Bertold Brecht
et Kurt Weill, direction musicale Jean Deroyer. Les mises en
scènes de Michel Fau, Olivier Desbordes et Eric Perez
nous offrent un panel accessible et riche de ces opéras
du XXe siècle.
Pour sa deuxième étape au
Monfort, le festival Faits
d’hiver Danses d’auteurs
invite cinq spectacles, des chorégraphes les plus
célèbres – la très acclamée Carlotta Ikeda –
aux premiers pas professionnels du Junior Ballet du CNSMD, en
passant par Isira Makuloluwe, Ingeborg Liptay, Roser Montlo
Guberna et Brigitte Seth.
Juste après, en annonce de Nova Polska (saison
culturelle polonaise en France), la jeune compagnie
“l’œil du guetteur” propose La quatrième sœur, de Janusz Glowacki, traduction et adaptation Kinga et
Klara Wyrzykowska. Douze comédiens, deux musiciens et un
texte déjanté à souhait ne trahissent
guère la fameuse “âme
slave”…
La saison continue sur un petit air de
Gerschwin, avec la “sérénade
électorale” Pour Toi
Baby !, mise en scène par
Jean Lacornerie et dirigée par Bernard Yannotta : cette
comédie musicale fut un des plus grand succès des
frères Gerschwin. Le livret est de Morrie Ryskind et de
Georges Kaufmann, auteur dramatique à succès (Lundi huit heures),
entre autres le scénariste de Une nuit à l’opéra, le film des Max Brothers. Il y est question de
first lady, de politique-spectacle, de vacuité des
programmes électoraux… bref, un sujet d’une
détonante actualité.
La saison se poursuit en musique toujours,
avec le festival de La Muse en
Circuit Extensions
du domaine de la note IV, qui
propose quatre découvertes de musique contemporaine,
toujours associées aux nouvelles technologies.
Deux évènements soutenant les
élèves comédiens se succèdent : Angèle, de
Alexandre Dumas, mise en scène de Gilles Gleize avec les
élèves sortant de l’ESAD et du
Conservatoire de musique de Paris, et le Prix Silvia Monfort, qui
récompense comme toujours, un an sur deux, une jeune
comédienne, espoir de la tragédie. Cette
année, le Prix ira à Marion Bottolier.
L’accueil du Junior ballet (élèves de
cinquième année du conservatoire de paris) et du festival lycéen,
renouvelé, achève d’affirmer cette place
que notre lieu réserve à la jeunesse, à
l’apprentissage, à la transmission du goût
des arts vivants.
La saison se termine sur du
théâtre et offre un dernier spectacle haut en
couleurs et en rires, avec la dose de folie garantie d’un
Georges Feydeau, mis en scène par Marcel Maréchal
avec la troupe des Tréteaux de France. La Puce à l’Oreille, explosion comique et absurde, finit
l’année théâtrale en feu
d’artifice.
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[…] Le
Condamné à Mort
"Opéra polychrome d’après Genet" :
on savait la qualité du musicien et la vaillance du
chanteur. Cette épreuve du "seul en
scène" révèle un extraordinaire
comédien qui parle avec son corps, Christophe
Lacassagne, immobile ou déchaîné, avec tous
les registres de sa voix, y compris parlée. Car le
compositeur n’entre que progressivement dans le
poème de Genet, laissant d’abord parler les mots,
se contentant de brosser une trame orchestrale avant
d’imposer sa ligne de chant. Jamais un mot du
poème ne se perd. […] Le
Figaro
“[…]
L’Opéra de
quat’sous : Malgré l’amertume, malgré le
dérisoire et l’absurde qui s’en
dégagent, la version d’Olivier Desbordes et
d’Eric Perez ressemble à du Dostoïevski
revisité non par Dickens mais par Almodovar. Les
costumes colorés et la mise en scène
débridée donnent à voir un M. Peachum en
dresseur de tigres et son épouse en vieille alcoolo
qu’on croirait tout droit sortis de la série culte
“Ab Fab”.” […] Marianne
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Christophe Lacassagne,
Le Condamné à mort / DR
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Britannicus :
“[…]
Une version sans déclamation, cherchant la justesse du
sens et non de la forme, le tout servi par une très
bonne distribution, d’Agrippine remarquable en femme de
pouvoir en pleine déchéance à Néron
également très fort en manipulé faussement
badin.” […]
Le Figaro
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Visuel de l’affiche Faits d’hiver, Danses d’auteurs / DR
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“[…]
La Quatrième sœur traduit sur un rythme soutenu cette
extraordinaire maladie de vivre qui demeure alors qu’on
ne peut plus croire à rien. On aime le souffle que
déchaîne Camille Chamoux et cette humanité
bouleversante et frénétique qu’elle
dégage chez ses douze comédiens [...]. Quelle
noirceur tonique !” […]
Politis
“[…]
Aujourd’hui, plus de place pour le rêve.
Dépression, corruption, alcoolisme, prostitution et
violence sont le lot d’une jeunesse sacrifiée qui
rêve d’Amérique, dans une vision
tragico-burlesque, violemment ironique, d’une Russie
descendue aux enfers.” […]
Zurban
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Virginie Guillou et Anne-Elodie Sorlin,
La Quatrième sœur / Philippe Guerillot
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“[…]
La Puce à l’oreille : les comédiens des Tréteaux
de France sont d’une drôlerie irrésistible.
On est épatés par leur rythme trépidant,
emballés par leur enthousiasme sur scène,
à l’image d’un Marcel Maréchal qui
s’amuse comme un fou dans son double rôle de Poche
et Chantebise. Dans ce délire
généralisé, parfaitement
réglé, la machine du comique marche à cent
à l’heure et fait son effet. Un grand spectacle
réjouissant !” […]
Pariscope
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Marcel Maréchal, La Puce à
l’Oreille /
Valérie Tanton
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