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Jean-Paul
Poletti
Mardi 14 Décembre 2004 à 20H30
Chœur
d’hommes de Sartène
Jean-Louis Blaineau
Mathieu Begue-Tramoni
Jean-Jacques Cesari
Cyrille Lovighi
Stéphane Paganelli
Jacques Tramoni
Jean-Claude Tramoni
Jean-Paul Poletti, direction
Co-production Festival
d’Art Sacré de la Ville de Paris
Théâtre Silvia Monfort
« Polyphonies sacrées
corses »
| Egisto
Betti |
Miserere Mei Deus
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| Jean-Paul Poletti
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Leggenda / Credu / Ud quid Deus Repulsiti
/ Terra mea / Luna |
| Traditionnel |
Lode Di u Sepulcru / Missa Pro Defunctis
de Sartène : Sanctus, Agnus Dei |
| Jean-Paul Poletti |
Alivu Di u Tempu Chi Vene / Dumandu
Pieta / A Rota |
| Padre Farinelli |
In Monte Olivetti |
| Traditionnel |
Paghjella |
| Nando Acqua Viva |
Lamentu Di Gesu |
| Padre Farinelli |
Transitus de Saint-François d’Assise
: O Sanctissima Anima, Salve Sancte Pater |
| Traditionnel |
A ma Merula / Dio Salve Regina |
Vouloir parler du chant
profond des Corses revient à parler de leur quotidien
et de leurs rêves à la fois. De la naissance
à la mort, des travaux aux loisirs, du café
à l’église, le chant est tout leur monde
; leur histoire et le meilleur de leur langue. De la polyphonie
ancestrale en quintes parallèles dont on retrouve la
trace au ixe siècle, à la « paghella »
à trois voix, tout ce qui fait l’espace musical
de la tradition orale, du sacré au profane, la terre
chante.
J’ai personnellement rencontré ces grands livres
cachés au cœur de nos montagnes, Simon Defranchi
qui chantait les Terzini sur la Divina Comedia de Dante sans
jamais en avoir ouvert le livre.
Et puis il y a eu Petro Guelfucci et Minicale avec qui commença
la grande « saga » du premier Cantu u populu corsu
jusqu’aux années 1980 ; bref, la mémoire
d’un peuple et d’un pays.
Et Sartène…
Lorsque je suis arrivé dans la belle ville du sud,
les livres que j’avais à lire étaient
à la fois jeunes et vieux. Jacques et Jean-Claude Tramoni,
les inamovibles basses des chœurs de Sartène et
le père Ulrich m’ont ouvert les portes de la
bibliothèque du couvent Saint-Come-et-Damien et de
la mémoire de Sartène ; et tous ceux qui ont
partagé la vie musicale de la ville ces dernières
années.
« Les chœurs de Sartène » aujourd’hui
ont gardé leur structure (au demeurant très
classique) deux basses, deux barytons, trois ténors.
Leur domaine de transmission est devenu mondial : de Mexico
à Hong-Kong en passant par Saint-Pétersbourg
ou Vienne, ils donnent et apprennent.
Tel est le sens de leur marche, mais avec la même rigueur
musicale qui les caractérise. Sartène est devenue
aujourd’hui le Centre d’art polyphonique de la
région Corse, que je suis heureux de conduire vers
d’autres printemps et d’autres découvertes.
Jean-Paul POLETTI
Jean-Paul
Poletti & le Chœur d’hommes de Sartène
Un père originaire de Venaco, une mère de Santa
Maria Figaniella, Ghjuvan Paulu Poletti réunit le nord
et le sud de la Corse. S’il naît à Ajaccio
en 1949, c’est à Bastia qu’il apprend la
musique avec Vincent Orsini avant de se perfectionner aux
Scholi Cantarum de Florence et de Sienne. Le classique et
le chant lyrique sont à la base de son éducation.
Grâce à un travail de recherche et de composition,
cet auteur, compositeur, interprète va lutter sans
relâche contre la situation d’acculturation de
la Corse et jouer un rôle capital dans le Riacquistu
(reconquête de la culture Corse). C’est la naissance
du groupe emblématique Canta u Populu Corsu dont il
est l’un des principaux compositeurs et chanteurs, avec
Petru Guelfucci et Minicale. Une aventure qui durera de 1974
à 1981, en neuf albums et de multiples concerts. En
1986, Jean-Paul Poletti est à l’Olympia, puis
à Bourges l’année suivante. En 1987, il
crée à Sartène une école de chant.
Dès le départ, le souci pédagogique de
l’Ecole de chant est double : préserver le patrimoine
musical, mais aussi, s’ouvrir à tous les genres
: populaire, classique, lyrique, religieux. Cette école
est devenue en 2001 Centre d’Art Polyphonique. Dans
ce cadre, il anime des stages de polyphonies tant en Corse
que sur le continent et à l’étranger.
Jean-Paul Poletti crée plusieurs spectacles, avec Sergio
Vartolo, Costa Papadoukas (l’opéra Théodore
de Neuhoff), en 1990, il reçoit une Victoire de la
Musique avec « Les nouvelles polyphonies Corses ».
En 1992, « Les nouvelles polyphonies Corses »
ouvrent les Jeux Olympiques d’Albertville. En 1995,
il fait l’ouverture de la saison du théâtre
du Châtelet avec Cantata Corsica et pour laquelle il
devient membre d’honneur du Royal College of Music de
Londres. En 1995, il crée le chœur d’hommes
de Sartène, et avec celui-ci invente des espaces musicaux
de forme classique, nourris par le passé, mais d’inspiration
contemporaine.
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| Article du
monde supp. Aden (8 Dec 2004) |
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