C’est d’abord la commémoration en musique du 15ème anniversaire de la disparition de Georges Brassens. Puis, La Mort d’un commis voyageur, d’Arthur Miller, adapté par Jean-Claude Grumberg, mis en scène par Régis Santon, avec un Victor Lanoux inoubliable servant un texte âpre et magnifique qui laissera aux nombreux spectateurs un souvenir merveilleux. Dans l’Amérique de l’après-guerre, un commis voyageur, arrivé à la soixantaine, constate l’échec de sa vie lorsqu’il est brutalement licencié et réduit au chômage. Sa seule porte de sortie sera le suicide qu’il essaiera de maquiller en accident pour permettre à sa famille de toucher la prime d’assurance. A la fois pathétique et dérisoire, terriblement humain et tristement actuel, c’est un constat désespéré sur tous ces laissés-pour-compte que nos sociétés industrielles ont engendrés.
[ Victor Lanoux se revendique avant tout comme un comédien de théâtre, qui a débuté au T.N.P. avec Georges Wilson, s’est engagé dans la troupe de Villeurbanne avec Roger Planchon, a longuement arpenté la décentralisation… sa passion pour le théâtre le mène aussi à l’écriture de pièces et d’adaptations. Ce parcours foisonnant a parfois été occulté par une carrière au cinéma plus spectaculaire. Désireux de remonter sur les planches, il choisit le Théâtre Silvia Monfort où il dit retrouver l’esprit du T.N.P. C’est pour lui un choix militant, qu’il renouvellera quatre ans plus tard en venant y jouer une création contemporaine : Staline Mélodie. ]

Accueilli alors qu’il connaissait des problèmes de résidence à Créteil, le Théâtre du Campagnol présente Nouvelles de Sicile, un spectacle en deux parties sur Luiggi Pirandello : la première, Les Cédras, mise en scène par Jean-Claude Penchenat, est tirée d’une nouvelle de Pirandello, la seconde, Suite sans titre, écrite et mise en scène par Myriam Tanant est la continuation de la première. Une démarche originale qui conjugue un classique du 20ème siècle et une création contemporaine.

Pour terminer la saison, la Compagnie Claude Confortès produit un jeune metteur en scène, Frédéric Tokarz, avec une pièce inconnue de Marivaux, Le Petit-maître corrigé : un bijou ! Le public sera au rendez-vous de cette belle histoire.

Cette année encore, une importante présence de la musique avec les nombreux concerts classiques programmés par Jean Martin pour commémorer le Bicentenaire de la naissance de Franz Schubert et le Bicentenaire de la mort de Johannes Brahms, le lyrique avec une série de représentations de L’Histoire du soldat, de Igor Stravinsky et Charles Ferdinand Ramuz, et toujours la chanson avec Jean-Pierre Cassel dans son spectacle-hommage à la comédie musicale américaine, et Francis Lemarque dans un tour de chant générique de ses presque 60 ans de chansons, sans oublier le récital de Cora Vaucaire en seconde partie du spectacle Voyage à Saint-Germain-des-prés.

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Le temps n’a pas eu prise sur la pièce d’Arthur Miller. (…) Sa force est dans ce balancement brutal entre le dérisoire et l’absolu, entre le vécu et le rêvé, qui si longtemps se sont confondus dans la tête de Loman jusqu’à ce qu’enfin la conscience lui vienne, trop tard. On a devant soi un véritable chef-d’œuvre qui soulève les plus évidentes questions existentielles au moyen d’un fort levier émotionnel : n’est-ce pas là l’essence même du théâtre ?”
Le Figaro Magazine
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Marivaux, dont les comédies connurent un constant succès à partir de 1720, subit quand même un seul échec, retentissant mais aussitôt oublié. Le Petit-maître corrigé ne fut joué que deux fois à la Comédie-Française, en raison d’une obscure cabale. Cette brillante comédie satirique ne devait jamais être reprise. Sauf en cette fin de saison 1996-1997, au Théâtre Silvia Monfort.”
L’Humanité
Frédéric Tokarz et Claude Confortès / Ph. Guerillot
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Luigi Pirandello vers 1913 / D.R.
Olivier Brunhes, Victor Lanoux
et Julien Rochefort,
Mort d’un commis voyageur /
Ph. Guerillot